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DEPARTURE LOUNGE
PRESS

autresdirections.net
interview de departure lounge

pop majestueuse [... et aérienne]

depuis l'éblouissant instrumental tubular belgians in my goldfield, morceau somptueux produit de main de maître par notre national kid loco, nous nous sommes amourachés de la musique des anglo-américains departure lounge. ils ont depuis lors su nous épater lors d'un jetlag dreams qui ouvrait les series 7 de bella union en fanfare. alors que sortira d'ici peu le nouvel album du vrai-faux groupe emmené par son principal compositeur interprète guitariste tim keegan, entièrement produit par kid loco, retour sur le parcours du groupe. en compagnie de monsieur tim keegan.

Autres Directtions: Out Of Here fut signé Tim Keegan & Departure Lounge (précédemment nommé Tim Keegan & The Homer Lounge), alors que The Golfield e.p. fut signé par Departure Lounge seulement (incluant Tim Keegan). Quand êtes-vous devenus un véritable groupe ?

Tim Keegan : C'est une question valable. Nous sommes en fait devenus un véritable groupe avant qu'Out Of Here ne paraisse, c'était durant l'année 1998 ; nous avons laissé mon nom dessus parce que certains morceaux étaient déjà parus sous mon nom. Nous espérons corriger les livres d'histoire en réenregistrant ce disque l'an prochain en tant que Departure Lounge, accompagné de remixes et d'inédits.

AD: Avez-vous choisi le nom du groupe parce qu'il est évocateur ou parce qu'il suggère cette émotion particulière qu'on ressent lorsqu'on se trouve dans un aéroport, en train d'attendre son vol, de regarder des avions décoller, et qu'on est encore chez soi tout en étant déjà ailleurs ?

TK: Un peu des deux je pense, ainsi que l'idée que nous nous réunissions tous pour jouer et que nous puissions alors "décoller" dans un nombre important de directions en ce qui concerne les chansons ou les "bouts" de musique que nous créons. Puis Lindsay partit vivre à Nashville et nous devinrent un groupe transatlantique. Le nom prit alors un sens plus littéral, et certainement que depuis lors nous avons passé beaucoup de temps dans les halls d'aéroports partout dans le monde.

AD: De quelle manière penses-tu que jouer avec Robyn Hitchcock ou The Blue Aeroplanes a pu t'aider pour Departure Lounge ? Qu'as-tu appris en tournant avec les Go-Betweens ?

TK: C'est toujours un enseignement que de voir comment d'autres songwriters, groupes ou musiciens travaillent. Je pense que nous avons probablement appris le plus de Robyn. C'est certainement mon cas. Il cherche constamment quelque chose de différent à faire que ce soit en faisant un concert sur un bus à double étage sur l'île de White ou tentant de recréer la totalité du show de Bob Dylan au Royal Albert Hall lors de son trentième anniversaire. De nouvelles idées, c'est ça qui te garde en vie, c'est amusant et c'est également un challenge. C'est cet état d'esprit qui nous caractérise.

AD: Qu'est-ce qui t'a poussé à vous installer aux Etats-Unis ?

TK: Eh bien... J'ai habité à Londres pendant plus de dix ans et j'avais réellement besoin de changer d'air et de prendre un nouvel élan. J'avais toujours désiré vivre aux Etats-Unis, et ce depuis tout petit - Elvis et Buddy Holly et tout ça, et maintenant j'habite tout près de là où Elvis vivait. Si il était encore vivant, je pourrais passer chez lui et lui emprunter un peu de sucre !

AD: Maintenant vous faîtes votre propre émission de radio là-bas. Est-ce que le fait d'être devenus musiciens est dû à votre amour de la pop-music ?

TK: Oui. Faire cette émission de radio est très amusant - comme ces soirées où vous allez chez vos amis avec les bras remplis de disques et que vous y écoutez vos morceaux préférés de David Bowie ou de Joni Mitchell.

AD: Votre musique rappelle les Byrds, Shack, les Kinks... Ne penses-tu pas que votre musique puisse être perçue comme le mélange parfait entre deux approches radicalement différentes de la pop music : l'une américaine, et l'autre anglaise ?

TK:Cela sonne très bien à mes oreilles. C'est très gentil à toi de dire cela et je pense que tu as raison ! The Kinks sont probablement mon second groupe préféré de tous les temps. J'aime ces morceaux.

AD:Music For Pleasure est le premier titre de votre premier album : était-ce une déclaration d'intention ? Vous considérez-vous comme des entertainers ?

TK: Oui, Music For Pleasure était notre chanson-thème et nous l'avons délibérément placé au début de notre premier album. Nous avons commencé à faire de la musique pour notre propre plaisir. Et heureusement pour le plaisir de quelques autres personnes.

AD: Ne pensez-vous pas qu'il y a assez souvent un contraste dans vos morceaux entre sa mélancolie intrinsèque et son côté ensoleillé (qui s'explique sûrement par l'utilisation d'instruments aux sons colorés comme les trompettes, les hautbois, les stylophones ou encore les cors) ?

TK: Oui, c'est une sorte de mélancolie exaltante - toutes les plus belles musiques ont cela, des Blind Boys Of Alabama* à Fridge.

AD: Dans vos instrumentaux, vous utilisez beaucoup d'effets, des boucles, que vous n'utilisez pas dans vos chansons. Ces instrumentaux semblent avoir été composés et pensés différemment des chansons. Est-ce le cas ?

TK: Oui et non. La plupart des instrumentaux sont au départ des improvisations, puis ils ont parfois été façonnés en autre chose, parfois non. A l'origine, j'arrivais avec les morceaux pour les arranger avec le groupe, mais désormais nous explorons plusieurs types de démarches. Le nouvel album est le commencement de cela.

AD: Lorsque Simon Raymonde vous a proposé d'enregistrer l'un des Series 7, qui est donc un disque assez restrictif, quelle a été votre réaction ? Avez-vous vu cette proposition< comme un challenge Comment avez-vous abordé la composition, que vouliez-vous faire tout d'abord ?

TK: C'était un challenge intéressant, mais à part n'avoir que sept morceaux, nous avions le champ libre. Il voulait que nous explorions de nouveaux territoires - que nous fassions quelque chose que nous n'avons pas l'habitude de faire. C'était très amusant et nous l'avons fait assez rapidement, sans trop y penser. Je pense qu'il est important de ne pas trop réfléchir quand on fait de la musique. Le feeling est plus important.

AD: Considérez-vous Jetlag Dreams comme un véritable album dans votre discographie?

TK: Oui, définitivement. Nous sommes fiers de ce disque. Nous pensons que c'est un chef-d'oeuvre !

AD: Qu'est-ce qui vous plaît dans le travail de producteur de Kid Loco (pour le remix de Disconnected ou la production du Goldfield e.p.) pour que vous ayez désiré qu'il produise votre nouvel album ?

TK: En tant que producteur, la chose la plus importante est qu'il nous a aidé à avoir plus confiance en nous-mêmes, qu'il a rendu notre musique plus sûre d'elle, et ainsi plus sexy.

AD: En quoi pensez-vous que votre façon de composer ait évolué depuis vos débuts ?

TK; Nous travaillons désormais plus en groupe, de façon moins cérébrale et plus intuitive.

AD: Quels sont les premiers mots qui te viennent à l'esprit quand tu évoques le groupe ? Sa musique ?

TK: Le groupe : des gens agréables. Sa musique : charmante.

Stéphane




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